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  Lexique Tableaux des conjugaisons Grammaire Coin de l'élève Coin du prof Caractères spéciaux Fac & Cpge

Etudiants de l'université et des classes préparatoires,
voici de quoi aiguiser votre appétit... en attendant l'ouverture sur notre site de la future cafétéria!

     
Petite introduction à la version espagnole
«la langue est un mécanisme de socialisation. L'enfant apprend ce qu'il peut ou ne peut pas dire, selon sa langue. Le monde qu'il découvre alors est déjà mis par elle en catégories, et les signes sont par elle solidairement organisés. Dans cette mesure, la langue façonne la représentation. Chacun prend moins en considération ce que sa langue ne nomme pas. »
(Claude HAGEGE, L'homme de paroles)

Préambule
1/ Avoir une vue d'ensemble…
2/ Eviter le ‘'mot à mot''
3/ Procéder avec méthode
4/ Faire preuve de discernement
5/ Garder l'esprit ouvert
6/ Faire de la rigueur un principe !
7/ Respecter les préférences "linguistiques"
8/ Reconnaître les fautes les plus courantes

 

Préambule : De la traduction et autres démons…

ENLes étudiants qui abordent la version au niveau universitaire sont parfois décontenancés par le haut degré d'exigence imposé par un exercice qui reste avant tout une école de rigueur et de persévérance. Réaction toute légitime quand on sait que l'apprentissage des langues au lycée ne leur a autorisé que de brèves incursions sur le terrain de la traduction. On peut néanmoins estimer que cette initiation aura touché au but si elle a seulement permis de retenir un principe essentiel, à savoir qu'il faut comprendre afin de pouvoir traduire et non traduire afin de pouvoir comprendre. Si tel n'est pas le cas, il est encore temps pour de corriger certaines habitudes fâcheuses…

 

1/ Avoir une vue d'ensemble…

ENEn tout traducteur il y a avant tout un lecteur. Comme le rappelle Umberto ECO, « le lecteur confronte la manifestation littéraire au système de règles fournies par la langue dans laquelle le texte est écrit et par la compétence encyclopédique à laquelle par tradition cette même langue renvoie. » ( Lector in fabula -Le rôle du lecteur-, p. 95-96). En ce sens la lecture dépasse le cadre de la simple réception pour devenir un acte de coopération où se ‘'joue'' véritablement la (re)construction du sens. Certes, votre pratique personnelle vous aura probablement fait oublier toutes les tâches que cette activité met en oeuvre. Tout au plus vous apparaîtront-elles comme des automatismes, sachant que vous les effectuez sans même y songer. Reconnaître les mots connus, émettre des hypothèses sur les termes nouveaux, traiter la matière textuelle par blocs, trier et hiérarchiser l'information, mobiliser les connaissances pertinentes, anticiper… Autant de tâches qui permettent de vérifier, si besoin était, que le rôle du lecteur face au texte s'inscrit bien au-delà de la simple relation émetteur/ récepteur ! C'est par lui que s'opère l'actualisation du texte dont il est le destinataire. De là à faire du traducteur un « super lecteur » en état d'alerte permanente, il n'y a un qu'un pas… C'est pourquoi on ne saurait faire l'économie d'une « explication de texte », cela devrait être un préalable à toute tentative de traduction. Interroger le texte comme un détective en quête d'indices est un réflexe à développer (genre littéraire auquel il appartient, circonstances de sa ‘'création'', intention(s) de l'auteur, organisation et articulations internes, construction des phrases, style direct ou indirect, statut du narrateur, niveau de langue, procédés stylistiques, relations entre les personnages, progression du récit, typographie... Bref, tout compte!). On l'aura compris, un bon traducteur ne néglige aucune piste et se doit d'être attentif à ce « maillage » implicite. Ce n'est qu'une fois mené ce premier « vol  de reconnaissance » que l'on pourra envisager de procéder, le cas échéant, à une analyse plus approfondie (en ayant recours à la grammaire textuelle, par exemple) afin de faire face aux écueils, ambiguïtés, et autres chausse-trappes. Quoi qu'il en soit, gardez à tout moment une vision du texte dans sa totalité !
 

Test 1  -Comparez les énoncés et relevez quelques indices utiles à la compréhension :
- 1 “Hay gato encerrado” dijo el cliente con perplejidad.

- 2 “¡Ten cuidado al levantar el coche con el gato!” repitió la esposa.

- 3 Nuestro equipo estuvo a punto de perder el partido pero al final se llevó el gato al agua.

- 4 El gato duerme en el sofá.

Méthode : Comprendre, c'est produire du sens. Lire c'est traiter de l'information et réagir au sens construit. Aussi, prévoyez plusieurs lectures afin de relever les différents indices susceptibles d'aider à cerner les difficultés et à faciliter l'élucidation du passage à traduire. Efforcez-vous de prendre appui sur ce qui est déjà connu pour lever peu à peu les zones d'ombres.

 
 
   
2/ Eviter le ‘'mot à mot''.
ENIl faut ensuite s'arracher à tout prix à cette vision simpliste et confortable qui consiste à voir les mots de la langue étrangère comme de simples calques établis selon un système de correspondances automatiques et définitives. De même qu'il n'existe pas de synonymes parfaits, les langues ne sont pas transposables en de simples équations ! En clair, les mots de la langue étrangère ne sont pas de simples articles qu'il suffirait « d'étiqueter » une fois pour toutes à l'aide du « bon » équivalent français. Un même terme peut prendre une nuance  différente selon la phrase, le texte ou le contexte où il apparaît ( polysémie ) et c'est ce choix délicat qui incombe au lecteur-traducteur, conscient que choisir… c'est aussi éliminer. Autant dire qu'en traduction, le mot à mot strict est à bannir ! Chaque texte a une logique interne qui lui est propre et n'empile pas les mots comme de simples cubes… Qu'il suffise, pour s'en convaincre, de songer aux fameux ‘traducteurs automatiques', certes utiles pour venir à bout de textes scientifiques (privilégiant la fonction informative), mais totalement inopérants dès lors qu'il s'agit de textes dit « littéraires ».
 

Test 2  : Quels valeurs peuvent prendre en français le mot « YA » ou le verbe «contar » ? Inversement, quels équivalents espagnols proposeriez-vous pour le verbe «  aimer  » ?

Méthode : A l'aide d'un dictionnaire unilingue, rechercher les différentes acceptions du mot dans la langue source (espagnol) avant de lister les équivalents possibles en langue cible (français). Si l'on a recours à un dictionnaire bilingue, confronter les options fournies par les deux sections (Esp/Fr & Fr /Esp) afin de vérifier si elles se recoupent en partie ou totalement.

S'interdire de traduire le texte ‘'au fil des mots'' en suivant mécaniquement l'ordre de la phrase, comme un chapelet qu'on égrène. S'obliger à travailler par unités de cohérence, sans jamais perdre de vue le sens global.

 
3/ Procéder avec méthode.

ENOn ne saurait trop le répéter : une bonne connaissance de la syntaxe, du lexique et de la morphologie est une des clés pour (re)construire le sens exact d'un texte. Une analyse grammaticale rigoureuse permet d'identifier la nature et la fonction des mots au sein de chaque unité phrastique et de retarder le plus possible le recours au dictionnaire (outil paresseux par excellence !). Faut-il rappeler que l'accentuation suffit parfois à modifier la nature d'un mot espagnol ( accents diacritiques  : mí/ mi ; esta/ está/ ésta…) ? Il est même souvent possible de cerner le sens d'un mot d'après sa forme et d'après la place qu'il occupe dans un énoncé : à ce stade, une bonne connaissance des suffixes et terminaisons est particulièrement éclairante pour déterminer sa nature (nom, verbe, adjectif, adverbe, pronom…). Le cas des verbes conjugués à l'impératif mérite aussi une attention particulière car on peut aisément les confondre avec des formes du présent (indicatif et subjonctif). Un mot totalement inconnu peut donc être élucidé de diverses façons, à condition d'affûter ses réflexes linguistiques par un entraînement constant. S'agissant de deux langues romanes, des équivalences et des régularités peuvent néanmoins être établies sur le plan de la morphologie (suffixe et préfixes notamment), sans même parler de l'aide précieuse qu'apporte très souvent l' étymologie  :

Lexique et orthographe
----Espagnol ------Français
--------------es-, -os--- -ê-, -ô- ---------------------------- -----------------prestar >> prêter; fiesta >> fête ; costa >> côte; hospital >> hôpital
--------------qu----ch-------------------------------------------- -------------arquitecto >> architecte; alquimia >> alchimie;
--------------est-, esp-, esc- st-, sp-, sc- ---------------------- ------------estadio >> stade ; espíritu >> esprit ; escándalo >> scandale
--------------inm----imm----------------------------------------- ----------- inmediato >> immédiat; inmóvil >> immobile
--------------f--- ph- ------------------------------------------ ----------------frase >> phrase; farmacia >> pharmacie 
--------------h--- -f- --------------------------------------------- -------------huir >> fuir; harina >> farine
-------Terminaisons
--------------ario-- -aire ------------------------- ---------- ----------------propietario >> propriétaire; comentario >> commentaire
--------------or -- -eur -------------------------------------------------------el dolor >> la douleur; el color >> la couleur
--------------ivo, -iva-- -if, -ive-------------------------------------------- pensativo >> pensif; comprensiva >> compréhensive
--------------eza -- -esse -----------------------------------------------------tristeza >> tristesse; riqueza >> richesse  
--------------ción-- -tion ----------------------------------------------------solución >> solutionnación >> nation 
--------------cción -- -ction ------------------------------------------------colección >> collection; ficción >> fiction; elecciones >> elections
--------------sión -- -- -sion, -ssion--------------------------------------- expresión >> expression
--------------dad, -tad--- - -té ----------------------------------------------publicidad >> publici; libertad >> liber; caridad >> chari
--------------ducir -- -duire ------------------------------------------------conducir >> conduireproducir >> produire
--------------mento, -miento-- -ment ------------------------------------alimento >> aliment; movimiento >> mouvement
--------------tor, tora -- -teur, -trice -------------------------------------director >> directeur; seductora >> séductrice
-------------Préfixes
--------------des--- dé- -------------------------------------------------------destruir >> truire; deshacer >> faire
--------------ap--- app--------------------------------------------------------aparecer >> apparaître
 
 
 

Test 3  : Observez les énoncés suivants et déterminez la nature et la fonction des mots en italique:
- 1 Tanta sabiduría les dejaba perplejos. -Pensé que la muchacha se asomaría a la ventana.

- 2 Una idea extrafalaria se nos ocurrió . - Este juego es divertido . -Esta vez han compartido las ganancias.

- 3 Si las pronuncias despacio las palabras te salen con fluidez . -No te perdonaré lo ocurrido.

- 4 Suelo dormir en el suelo . -Gracias por la advertencia . -De nuevo los convencía sin mucho esfuerzo.

- 5 No se puede aparcar bien en este solar . -Navegaremos hacia el este . -La espera dura demasiado.

Méthode : Faites appel à vos connaissances linguistiques pour deviner la nature d'un mot qui vous semble a priori inconnu. Une lecture trop hâtive conduit souvent à une interprétation erronée et à des contresens. Méfiez-vous des homonymes.

Commencez toujours par identifier le verbe principal, c'est de lui que dépend souvent la cohérence de la phrase.

 
     
 
4/ Faire preuve de discernement.
 
 

ENIl ne faut pas sous-estimer l'influence, pour ne pas dire l'emprise, qu'exerce sur nous notre langue maternelle : elle agit comme un filtre déformant et peut conduire à des contresens graves. L'étrangeté apparaît d'autant plus remarquable qu'elle contrevient pour ainsi dire aux principes et aux lois qui régissent notre univers familier. Tout imprégné qu'il est de son propre système linguistique, qui lui sert à mener sa réflexion, le traducteur a parfois le plus grand mal à saisir une logique autre. Cela est d'autant plus délicat dans le cas des langues romanes, dont la parenté est manifeste. Ainsi, un francophone sera tenté de traduire de façon erronée le vocable « novela» (= roman) par le terme le plus ressemblant, à savoir « nouvelle* ». De même, un créolophone essaiera naturellement de traduire le verbe espagnol « mandar » par « demander* » là où l'on attendrait «  ordonner , commander  » ou bien encore «  envoyer  ». C'est ce que l'on a coutume d'appeler des '' interférences linguistiques'' : elles sont notamment à l'origine des effets de calques et des gallicismes , particulièrement redoutés en traduction. Apprenez à vous méfier des évidences, des formules toutes faites, des idées préconçues et autres stéréotypes. Rappelez-vous également que ce n'est pas parce qu'un vocable français (et donc une traduction possible) vous est inconnu que celui-ci doit être rangé au rayon des raretés et autres bizarreries, et donc écarté de facto , au prétexte que VOUS ne l'employez pas… Enfin, sachez que certains mots espagnols ne trouveront aucun équivalent satisfaisant, si ce n'est sous forme de périphrase ou de circonlocution ! Il ne faut pas laisser à votre correcteur le soin de choisir entre différentes options de traduction qui vous auront paru également satisfaisantes. Assumez vos choix ! L'indécision apparaîtra comme une fuite et sera sanctionnée. Inversement, refuser de traduire un mot qui peut l'être n'est guère recommandable (sauf exceptions, comme par exemple les mots « patio » ou « corrida » qui sont " passés " dans la langue française et font sens pour des francophones), sans parler évidemment des omissions (qu'il s'agisse d'oublis ou de simples lacunes) qui constituent souvent des fautes rédhibitoires….

 

Test 4  : Comment rendre  en français l'adverbe « preferentemente » , l'adjectif « innecesario » ou le verbe « desvivirse » ?

Méthode : Rappelez-vous que chaque langue est un système arbitraire qui exprime le réel à sa façon et qu'aucune n'est réductible ni superposable à une autre.
N'hésitez pas à revenir sur votre traduction à mesure que vous avancez. C'est souvent une relecture qui vous (re)mettra rétrospectivement sur la voie.

 
 
 

5/ Garder l'esprit ouvert.

 
ENNotre milieu culturel agit malheureusement de façon plus insidieuse en ce qu'il conditionne, ou plutôt ‘'façonne‘' chacun de nous et tend à nous présenter (souvent à notre insu) notre système de représentations comme LA réalité.  Nul besoin d'être anthropologue pour savoir que c'est le vieux démon de l'ethnocentrisme  (dont les 'interférences culturelles' ne sont après tout que la conséquence la plus visible) qui finit par nous persuader que notre vision du monde se confond avec la normalité et que, du même coup, elle vaut mieux que celle des autres! Or, que penser d'un individu qui ne saurait percevoir les choses que de SON strict point de vue à lui, si ce n'est qu'il se croit le nombril du monde? L'un des enseignements les plus précieux des langues étrangères n'est-il pas de nous faire mieux accepter l'étrangeté et apprécier l'altérité ? Comprendre autrui, n'aide t-il pas aussi se comprendre soi-même ? D'où un impératif d'humilité de la part du traducteur qui non seulement s'abstiendra d'ériger son expérience en modèle mais veillera à en relativiser la portée. Un exemple tout simple : la langue française exige qu'on utilise une majuscule pour les substantifs de nationalité, mais l'espagnol non : les Français et les Espagnols devient «  franceses y españoles ». Inversement, la langue espagnole requiert une majuscule pour les titres ou fonctions, ce qui n'est pas le cas du français : el Presidente Roosevelt devient le président Roosevelt. Qui détient ici la vérité ? Une convention est-elle plus légitime qu'une autre ? Quant aux français qui penseraient que leur « cocorico » fait l'unanimité … ils seraient surpris d'apprendre que les espagnols, eux, s'éveillent au son du terrible « quiquiriquí » du coq (alors que les anglais eux ont opté pour « cock-a-doodle-doo »). Il en va de même pour les locutions et autres proverbes qui ne peuvent être traduits tels quels et requièrent une certaine dose d'imagination afin d'obtenir la même expressivité : « cuando las ranas críen pelos » équivaut ainsi à «  quand les poules auront des dents  » et certainement pas à « quand les grenouilles auront des poils » !!! Il va sans dire qu'une traduction littérale dénaturerait ici fâcheusement le proverbe. Les titres de films eux-mêmes se doivent parfois de fuir le mot à mot : ainsi, « L'auberge espagnole » (C. Klapisch ) est sorti en Espagne sous le titre « Una casa de locos ». On le voit, dans la langue de Cervantès cette expression a dû être adaptée.

Test 5  : Comment traduiriez-vous les énoncés suivants. Que remarquez-vous ?

- « La guerra de las galaxias » , « El bueno, el feo y el malo » Respuesta

- « Pablito está en brazos de la canguro », « Ojos que no ven , corazón que no siente » Respuesta

Méthode : Demandez-vous si votre seule expérience personnelle vous met en position d'appréhender et d'apprécier avec justesse une réalité ou un phénomène totalement extérieur à votre culture d'origine. Ce qui a pour vous un « parfum d'exotisme » semblera parfaitement naturel et accepté dans d'autres cultures, pensez-y.
Gardez à l'esprit que le système de codes et de conventions utilisé au quotidien par les hispanophones risque de différer du vôtre.

     
 
6/ Faire de la rigueur un principe !
 
 
ENUn traducteur se met au service du texte qu'il doit rendre. D'où la nécessité de ne pas chercher à améliorer le texte source. Un des devoirs du traducteur est de passer inaperçu, autrement dit de savoir s'effacer. Certaines lourdeurs de style peuvent apparaître dans le texte de départ, il ne vous appartient pas de les « corriger » pour proposer une nouvelle mouture « améliorée ». En règle générale, respectez les répétitions, les ellipses, les jeux de mots, le registre lexical, le ton et le rythme du texte… Une fois encore, c'est votre connaissance des deux langues (ou vos recherches personnelles) qui vous aideront à distinguer un effet de style d'une simple expression idiomatique… Quant à la culture générale (à développer en tous lieux et à tous âges !), elle est souvent la seule clef pour éviter des erreurs de compréhension aussi grossières que fatales. N'ayez donc aucune honte à vérifier dans le dictionnaire français des mots apparemment simples, vous serez surpris dans bien des cas! Ce n'est pas du temps perdu. Toutefois, ne confondons pas rigueur et ‘excès' de rigueur : il serait mal venu de vouloir calquer de façon artificielle l'ordre des mots original par souci de fidélité, au mépris des pratiques admises par chaque langue (Cf. préférences linguistiques ).
 

Test 6  : Quelques points de la langue française à vérifier  dans votre dictionnaire :

- après-midi (masculin ou féminin ?), clé (ou clef ?), fainéant/ faignant/feignant (lequel est le bon ?), « les vacanciers paraissaient fatigués » (est-ce le même sens pour « les vacanciers paressaient fatigués » ?), il lui dit la vérité (présent ou passé ?)…

Méthode : En cas de doute, consultez des ouvrages de référence. Cela vous évitera maintes fautes grossières.
Abstenez-vous de « juger » l'auteur du texte, respectez ses choix idéologiques et esthétiques qui après tout n'engagent que celui qui les formule.

     
 
7/ Respecter les "préférences liguistiques".
 
 
ENQuelques divergences entre l'espagnol et le français peuvent orienter vos choix de traduction :
En -l'espagnol, est une langue phonétique, à la différence du français (ex : en efecto >>> en effet ; conciencia >>> conscience ; armonía >>> harmonie). L'espagnol est, du point de vue morphologique, plus « souple » que le français comme le montre sa capacité à naturaliser des mots étrangers (l'anglais « football » s'écrit «  fútbol  » en espagnol) alors que le français a recours à l' emprunt pur et simple. Il en va de même pour la dérivation morphologique (= procédé de formation des mots de la même famille) : à l'inverse du français, l'espagnol n'a aucun mal a dériver les verbes (« reflexionar, decepcionar, gestionar, idear… ») à partir des substantifs.
En -espagnol et français sont deux langues romanes qui entretiennent des ressemblances évidentes dont il faut parfois se méfier : c'est ce que l'on appelle les faux-amis (« una noticia, entender, el suceso, suceder, el éxito, la contaminación, una novela, salir, subir, el nombre, largo, creer/ crear, el vestido, del todo, el pelo… »).
En -la nominalisation est une tendance très marquée en français; l'espagnol, lui, privilégiera le recours aux verbes.
En -en français, où les incises et antépositions sont fréquentes, la ponctuation est plus abondante, les virgules notamment, afin d'apporter davantage de clarté et de précision à la phrase.
En -l'espagnol préférera le plus souvent la voix active à la voix passive.
En -l'ordre de la phrase espagnole est plus libre, ou disons, moins contraint qu'en français : il est donc courant de voir le verbe précéder le nom (Conséquence : la présence de la préposition « a » est requise pour distinguer un sujet inversé et un COD de personne. D'où aussi la ponctuation adoptée par l'espagnol…).
En -le passé simple est nettement plus employé en espagnol, notamment à l'oral, quand en français il semble relever du seul domaine écrit.
En -le recours aux adjectifs possessifs est plus systématique en français.
En -la tournure d'insistance est très fréquente en français (« c'est… qui / c'est… que »).
En -l'emploi du subjonctif imparfait est tout à fait courant en espagnol alors qu'en français s'est généralisé l'emploi du subjonctif présent .
 

Test 7  : Optez pour la proposition de traduction qui vous semble la plus pertinente :
- Me robaron la cartera.
>> On m'a volé le portefeuille. >> On m'a volé mon portefeuille. Respuesta

- ¡ Aquí mando yo !
>> Ici, c'est moi qui commande. >> Ici, je commande. Respuesta

- Exigí que me acompañaran todos.
>> J'exigeai que tous m'accompagnassent. >> J'exigeai que tous m'accompagnent. Respuesta

 
 
8/ Reconnaître les fautes les plus courantes.
 

ENCe n'est pas au moment de la remise des copies que l'on doit découvrir en quoi consistent les fautes sanctionnées. Sachez que toutes les fautes ne se valent pas, que ce soit par leur nature ou leur gravité (accent, déterminant, préposition, temps, genre, personne, registre; mal dit, inexact, impropre, calque, gallicisme, barbarisme, etc.). Sans être exhaustif, on s'attachera ici à celles qu'un traducteur en herbe ne saurait ignorer :

-Le faux sens (fs) : c'est l'emploi inexact ou inadapté d'un terme ou d'une expression. Il résulte en général d'une compréhension incomplète, d'une méconnaissance ponctuelle ou d'une analyse trop hâtive du texte source. Autrement dit, vous faites fausse route.

-Le contre-sens (cs) : plus grave, cet emploi va à l'encontre de la signification du texte de départ. Pour faire simple, le contre-sens est un peu le stade extrême du faux sens. Il trahit véritablement le texte original et relève d'une mauvaise compréhension, d'une lacune ou d'une analyse erronée. En d'autres termes, vous « roulez » en sens contraire.

-Le non-sens (ns) : assurément le plus impardonnable, cet emploi contredit toute logique et témoigne d'une non compréhension, ou d'une analyse aberrante de l'original. Cette fois, impossible de vous suivre : vous avez fait une sortie de route !

En Cette gradation des fautes rend compte de l'importance accordée à ce qui relève avant tout de la compréhension du texte original, le style venant bien après. Contrairement à ce que pensent nombre d'étudiants, ignorer le sens d'un vocable espagnol ne constitue pas une faute « irrécupérable ». En revanche, se tromper sur le nombre de personnages impliqués dans un texte, par exemple, risque de coûter très cher ! Il va sans dire que la qualité du français dans lequel est « versé » le texte espagnol est prise en compte et que bien des fautes ne sauraient être admises au niveau universitaire… Et elles sont légion ! Une bonne révision des formes du passé simple français est en général la bienvenue. Enfin, il faut certes vivre avec son temps, mais ne vous attendez à aucune complaisance concernant les orthographes fantaisistes en vogue sur Internet (t'chat) et dans le langage « sms »…

 

Test 8 : Indiquez les traductions erronées par une « * », puis analysez les fautes commises, selon leur gravité ( fs , cs ou ns ) :

- No te gusta la leche.
>> Tu adores le lait. >> Tu ne goûtes pas le lait. >> Tu n'aimes pas le lait. >>Tu détestes le lait. Respuesta

-Ya no tengo ganas de irme.
>> Je veux m'en aller. >> Je ne peux plus m'en aller. >> Je ne perds rien à y aller. >> Je n'ai plus envie de m'en aller. Respuesta

-La gente no entiende lo que dice este sacerdote .
>> Les gens n'entendent pas ce que dit ce prêtre. >> Les gens ne comprennent pas ce que dit ce prêtre. >> Les gens ne sont pas d'accord avec ce que ce prêtre dit. >> Les gens comprennent ce que dit ce prêtre. Respuesta